La Chine a laissé ses principaux taux préférentiels de prêt inchangés pour le seizième mois consécutif. Le Loan Prime Rate à un an, référence pour la majorité des prêts aux entreprises et aux ménages, reste fixé à 3 %, tandis que le taux à cinq ans, davantage utilisé pour les crédits immobiliers, demeure à 3,5 %. La décision correspondait aux attentes des économistes interrogés avant l’annonce et confirme la prudence de Pékin face au ralentissement de la demande intérieure.
La Banque populaire de Chine dispose en théorie d’une marge pour soutenir davantage l’activité, mais l’environnement international complique ses choix. Le récent resserrement de la politique monétaire américaine a contribué à maintenir un écart important entre les rendements obligataires américains et chinois. Une baisse trop agressive des taux en Chine pourrait accentuer les pressions sur le yuan et encourager les sorties de capitaux, ce que les autorités cherchent à éviter.
Sur le plan intérieur, la faiblesse de la demande de crédit reste l’un des principaux problèmes. Le secteur immobilier continue de peser sur la confiance des ménages, tandis que les collectivités locales sont confrontées à des niveaux d’endettement élevés. Les banques peuvent donc disposer de liquidités sans trouver suffisamment d’emprunteurs privés prêts à investir ou à consommer davantage. Dans ce contexte, une simple réduction du coût du crédit ne garantit pas une reprise rapide.
Pékin privilégie pour l’instant une combinaison de mesures ciblées, de soutien budgétaire et d’ajustements graduels de la politique monétaire. Le maintien des LPR ne signifie pas que toute détente est exclue dans les prochains mois. Les autorités surveilleront notamment l’évolution du yuan, les prix, la demande immobilière et les décisions de la Réserve fédérale américaine avant de choisir le moment d’un éventuel nouvel assouplissement.







