La reprise des combats au Yémen provoque une nouvelle vague de déplacements de population. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime que plus de 130 000 personnes ont déjà dû quitter leur foyer en septembre. L’agence redoute que 100 000 autres soient déplacées au cours des trois prochains mois si l’intensification des affrontements se poursuit. Cette nouvelle crise frappe un pays déjà profondément fragilisé par des années de guerre.
La progression des forces houthies soutenues par l’Iran face au gouvernement appuyé par l’Arabie saoudite a ravivé les combats, notamment le long de la mer Rouge. La majorité des déplacés restent à l’intérieur du Yémen, souvent dans des camps ou des zones urbaines déjà sous pression. Les besoins portent sur l’eau, l’alimentation, les abris, les soins et la protection, alors que les capacités humanitaires restent limitées par le manque de financements.
Une partie de la population cherche également à quitter le pays par la mer. Plus de 3 000 personnes ont déjà rejoint la Corne de l’Afrique, notamment Djibouti et la Somalie. Le HCR estime que les départs pourraient augmenter avec l’amélioration saisonnière des conditions de navigation. Ces traversées ajoutent une dimension régionale à la crise, car les pays d’accueil doivent prendre en charge des arrivées supplémentaires alors qu’ils font eux-mêmes face à d’importants besoins humanitaires.
L’agence onusienne souligne que son plan de réponse demeure très insuffisamment financé. Cette contrainte limite les possibilités d’hébergement, d’assistance financière et de protection des familles les plus vulnérables. Les projections de déplacement restent des estimations dépendant de l’évolution du front. Une désescalade pourrait réduire les départs ; à l’inverse, une extension des combats sur les zones côtières ou urbaines pourrait accélérer les mouvements vers le sud du Yémen et vers la Corne de l’Afrique.
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