António Guterres a profité de son dernier discours d’ouverture du débat général de l’Assemblée générale des Nations unies pour demander un encadrement international plus solide de l’intelligence artificielle. Le secrétaire général, dont le mandat doit s’achever le 31 décembre 2026, a présenté l’IA comme l’un des quatre grands tests de pouvoir auxquels la communauté internationale est confrontée, avec la guerre et la paix, les inégalités et le changement climatique.
Le chef de l’ONU a plaidé pour des mécanismes internationaux capables d’imposer des garde-fous et de maintenir les décisions les plus sensibles sous contrôle humain. Son intervention s’inscrit dans un débat déjà engagé à l’ONU sur une gouvernance multilatérale de l’IA, alors que la majorité des technologies les plus avancées sont développées par un nombre limité d’entreprises et de pays. L’enjeu est d’éviter que les règles soient fragmentées ou définies uniquement par les acteurs disposant des plus grandes capacités techniques.
Guterres a également consacré une partie importante de son discours aux conflits en cours, au respect du droit international, à la crise climatique et à la réforme des institutions multilatérales. Il a de nouveau souligné l’absence de représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité, qu’il considère comme une anomalie du système actuel. Le secrétaire général a appelé les États à appliquer les mêmes principes de protection des civils et de respect de la Charte quelle que soit la crise concernée.
Cette intervention marque l’une des dernières grandes prises de parole de Guterres devant les chefs d’État et de gouvernement réunis à New York. Elle ne crée pas, à elle seule, de nouvelles règles contraignantes sur l’intelligence artificielle. Elle fixe toutefois un cap politique pour les discussions qui doivent se poursuivre après son départ, notamment sur la supervision des systèmes avancés, la réduction des inégalités d’accès et la responsabilité en cas de dommages.







