L’Union européenne a trouvé un compromis pour prolonger ses sanctions visant environ 3 000 personnes et entités liées à la Russie. La décision étend les mesures pour une durée de trois ans, au lieu du renouvellement semestriel habituel, mais s’accompagne du retrait de deux milliardaires russes très connus : Alisher Usmanov et Mikhail Fridman. Le compromis met fin à plusieurs jours de négociations difficiles entre États membres.
Les sanctions européennes comprennent notamment des gels d’avoirs et des interdictions de déplacement. Elles ont été renforcées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et doivent être renouvelées à l’unanimité. Cette règle donne à chaque État membre une capacité de blocage, ce qui oblige régulièrement les Vingt-Sept à négocier le maintien, la modification ou le retrait de certaines inscriptions individuelles.
La sortie d’Usmanov et de Fridman a suscité des critiques, notamment du côté ukrainien et de certains pays d’Europe de l’Est. La France et le Luxembourg ont joué un rôle dans les discussions ayant conduit au compromis, tandis que la Lettonie, initialement opposée à plusieurs éléments, s’est finalement abstenue. Les gouvernements concernés avancent des considérations juridiques et diplomatiques pour justifier leurs positions. Les autorités ukrainiennes estiment au contraire que ces retraits affaiblissent la pression sur des personnalités russes influentes.
La décision ne signifie pas un assouplissement général du régime de sanctions contre Moscou. L’essentiel de la liste est maintenu et la durée de renouvellement est même allongée. Le dossier illustre toutefois les tensions internes à l’Union européenne sur la manière de préserver l’efficacité juridique et politique des sanctions. Les éventuelles mesures nationales contre les personnes retirées de la liste européenne pourront également varier d’un pays à l’autre.







