Le poids de la dette publique revient au centre du débat économique en Côte d’Ivoire. Le directeur général de l’Économie au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, Sansan Hien, a indiqué que le service de la dette représente désormais 58 % du budget national, un niveau qui illustre l’importance des remboursements de capital et d’intérêts dans les finances publiques.
Cette proportion ne signifie pas nécessairement que la Côte d’Ivoire se trouve en situation de défaut ou de surendettement. Elle montre en revanche qu’une part considérable des ressources budgétaires doit être mobilisée pour honorer les engagements financiers du pays. Plus le service de la dette occupe une place importante, moins l’État dispose théoriquement de marges pour financer de nouvelles dépenses dans les infrastructures, la santé, l’éducation ou les politiques sociales, sauf à augmenter les recettes ou à recourir à de nouveaux financements.
Dans le même temps, les autorités mettent en avant une amélioration de certains indicateurs d’endettement. Sansan Hien a évoqué un taux passé de 59,5 % en 2024 à 25 % à fin 2025. Cette donnée devra toutefois être précisément replacée dans l’indicateur auquel elle se rapporte, les notions de taux d’endettement et de service de la dette ne mesurant pas la même réalité. La coexistence d’un service de dette très élevé et d’un indicateur présenté en forte diminution montre justement pourquoi la lecture des finances publiques nécessite plusieurs critères.
Le véritable enjeu pour Abidjan sera donc de maintenir l’accès au financement sans laisser les remboursements réduire progressivement les capacités d’action de l’État. Avec une économie qui continue d’investir fortement dans les infrastructures et le développement, la soutenabilité de la dette dépendra autant de son niveau que de son coût, de sa durée et de la capacité du pays à générer suffisamment de recettes pour la rembourser.
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