« Deux mandats maximum » paraît être une règle simple. Pourtant, lorsqu’un président africain envisage de rester au pouvoir une troisième fois, la réponse juridique peut changer complètement selon le pays, la Constitution et même la manière dont les mandats précédents sont comptabilisés.
Dans de nombreux États, la Constitution fixe une limite de deux mandats au total. Une fois le second terminé, le président ne peut normalement plus se représenter. C’est notamment le principe retenu dans plusieurs démocraties africaines comme le Ghana ou le Bénin.
D’autres Constitutions limitent seulement les mandats consécutifs. Un président peut alors quitter le pouvoir après deux mandats puis, dans certaines conditions, revenir plusieurs années plus tard. Juridiquement, ce retour peut donc constituer un troisième mandat sans violer la règle.
Le débat devient beaucoup plus explosif lorsqu’une Constitution est modifiée. Plusieurs dirigeants africains ont pu prolonger leur présence au pouvoir après une réforme supprimant une limitation, changeant la durée du mandat ou faisant naître un débat sur la remise à zéro du compteur. Le Congo en 2015 ou la Côte d’Ivoire en 2020 ont illustré différentes formes de ces controverses.
Enfin, certains pays ne prévoient tout simplement pas de limite comparable. La Gambie permet ainsi actuellement à un président de briguer plus de deux mandats.
Parler de « troisième mandat » ne suffit donc pas pour savoir s’il est illégal. Il faut toujours regarder le texte constitutionnel en vigueur, la date de son adoption et surtout la manière dont les mandats antérieurs sont juridiquement comptés.
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