La visite de Patrick Achi au Vietnam illustre une évolution de plus en plus visible de la diplomatie ivoirienne. Sans remettre en cause ses partenariats historiques avec la France et l’Europe, la Côte d’Ivoire cherche à multiplier ses relais en Asie afin de diversifier ses débouchés commerciaux, ses investissements et ses sources de financement.
La Chine occupe déjà une place importante dans cette stratégie, notamment dans les infrastructures. Mais Abidjan regarde désormais aussi vers d’autres économies asiatiques comme le Vietnam, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud ou encore certains pays d’Asie du Sud-Est. L’objectif est de ne pas dépendre d’un nombre limité de partenaires et de profiter de marchés en forte croissance.
Le Vietnam présente plusieurs intérêts. Son expérience dans l’agriculture, l’industrie légère, la transformation alimentaire et les exportations peut offrir des pistes de coopération concrètes à une économie ivoirienne qui cherche justement à transformer davantage ses matières premières sur place. Les échanges politiques peuvent également faciliter l’arrivée d’entreprises et d’investissements privés.
Cette diversification répond enfin à une logique de puissance. Une Côte d’Ivoire capable de travailler simultanément avec l’Europe, les États-Unis, la Chine et plusieurs économies asiatiques dispose d’une marge de négociation plus importante. La visite de Patrick Achi à Hanoï s’inscrit donc dans une stratégie plus large. Abidjan ne tourne pas le dos à ses partenaires traditionnels. Elle cherche surtout à en ajouter de nouveaux.







