La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et l’une des grandes puissances agricoles africaines. Pourtant, elle reste fortement dépendante de l’étranger pour un aliment consommé quotidiennement par des millions d’Ivoiriens : le riz. La visite de Patrick Achi à Can Tho, au Vietnam, illustre ce paradoxe et surtout la volonté de le réduire.
Pour la campagne 2026-2027, la production ivoirienne de riz blanchi est attendue autour de 1,75 million de tonnes. Mais les importations pourraient atteindre un niveau comparable. Le taux d’autosuffisance reste ainsi proche de 53 %, malgré plusieurs années d’investissements dans la filière.
Le Vietnam occupe une place particulière dans cette équation. Il est l’un des principaux fournisseurs de riz de la Côte d’Ivoire et représente environ 40 % de ses importations. Abidjan cherche désormais à dépasser cette relation traditionnelle entre acheteur et vendeur.
À Can Tho, Patrick Achi a observé un modèle dans lequel sélection des semences, irrigation, mécanisation, stockage, transformation industrielle et exportation fonctionnent comme une chaîne intégrée. C’est cette maîtrise complète que la Côte d’Ivoire cherche à reproduire.
Le paradoxe ivoirien révèle une différence essentielle entre agriculture d’exportation et souveraineté alimentaire. Être un géant du cacao permet de générer d’importantes recettes, mais ne garantit pas qu’un pays produise suffisamment de céréales pour nourrir sa population.
L’enjeu de la coopération avec le Vietnam est donc stratégique : ne plus seulement acheter son riz, mais apprendre progressivement à en produire davantage localement. Une forme de coopération Sud-Sud où le transfert de technologies pourrait compter autant que le commerce lui-même.
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