Le Parti communiste sud-africain (SACP) durcit considérablement son opposition au gouvernement d’union nationale. À l’occasion du lancement de son programme pour les élections municipales de 2026, le parti a présenté le GNU comme un pouvoir qui ne représenterait plus suffisamment les travailleurs et qui servirait, selon sa lecture politique, les intérêts du « capital monopolistique ». Cette offensive vise notamment l’alliance gouvernementale formée après la perte de la majorité parlementaire de l’ANC en 2024. (SACP)
Mais le SACP ne veut plus seulement critiquer de l’intérieur. Après des décennies passées aux côtés de l’ANC dans l’alliance historique avec la COSATU, il a confirmé qu’il participerait indépendamment aux élections locales du 4 novembre 2026. Le parti prévoit de présenter des candidats dans les municipalités du pays et affirme vouloir restaurer une représentation politique directe de la classe ouvrière. (SABC News)
Cette décision constitue un défi supplémentaire pour l’ANC de Cyril Ramaphosa. Les communistes ont longtemps fourni au parti au pouvoir militants, cadres et relais syndicaux. Une candidature autonome pourrait désormais fragmenter davantage son électorat, particulièrement dans les zones populaires où les frustrations liées au chômage et aux services municipaux restent fortes. (Reuters)
Le scrutin municipal devient ainsi un test beaucoup plus large que la simple gestion des villes. Le SACP veut démontrer qu’il peut exister électoralement sans l’ANC. S’il obtient des résultats significatifs, son émancipation pourrait durablement modifier l’équilibre de la gauche sud-africaine et fragiliser davantage l’ancienne alliance de libération.






