Le Kazakhstan a voté le 23 août pour élire son nouveau Parlement. Mais lorsque les principales formations autorisées à participer soutiennent, à des degrés divers, le président Kassym-Jomart Tokayev, une question s’impose : quelle fonction conserve réellement une élection sans possibilité crédible d’alternance ?
Le scrutin sert d’abord à répartir les sièges entre les partis admis dans le système et à renouveler la représentation politique. Il permet également au pouvoir de mesurer les rapports de force internes, de faire émerger de nouveaux élus et de donner une légitimité électorale aux institutions issues de la récente réforme constitutionnelle. Le nouveau Kurultai compte désormais une seule chambre de 145 députés.
Mais une démocratie électorale ne repose pas uniquement sur l’existence d’urnes. Elle suppose aussi que les électeurs puissent choisir entre des projets réellement concurrents et sanctionner les dirigeants en place. Or les véritables forces d’opposition et les candidats indépendants ont été écartés du scrutin, tandis que les sept partis autorisés ne représentent pas une menace sérieuse pour Tokayev.
Les législatives kazakhes permettent donc de choisir des représentants sans véritablement choisir l’orientation du pouvoir. C’est toute la différence entre une élection compétitive et une élection principalement destinée à organiser le système existant. Les réformes peuvent modifier les institutions, mais sans opposition capable de conquérir le pouvoir, le pluralisme reste fortement limité.







