Une crise politique locale s’est ouverte à Étrechet, près de Châteauroux, autour d’un très grand projet de data center associé à Google. La maire Florence Laurent, trois adjoints et un conseiller municipal ont annoncé leur démission pour protester contre la manière dont le projet avance et contre ses conséquences potentielles sur le territoire.
Le site envisagé couvrirait environ 200 hectares. Les estimations de puissance électrique évoquées autour du projet se situent entre 880 MW et 1,1 GW, un ordre de grandeur comparable à la puissance produite par un réacteur nucléaire. Les élus démissionnaires demandent davantage de garanties sur l’eau, l’électricité, le paysage, les infrastructures et les retombées réelles pour la commune.
Les partisans du projet mettent en avant l’investissement, l’emploi, les recettes fiscales et l’installation en France d’une infrastructure numérique stratégique. Les opposants ou élus critiques estiment au contraire qu’un équipement d’une telle taille ne peut pas être décidé seulement à partir de ses retombées économiques annoncées, compte tenu de ses besoins énergétiques et fonciers.
L’affaire illustre une tension appelée à se répéter avec l’essor de l’intelligence artificielle. La France veut accueillir davantage de capacités de calcul et de data centers, mais leur implantation se joue à l’échelle de communes directement confrontées aux questions d’usage des sols, de réseau électrique et d’acceptabilité. À Étrechet, ce conflit a désormais provoqué une crise municipale ouverte.







