Éric Zemmour a de nouveau lié la question des prénoms à sa conception de l’identité nationale lors de son entretien sur BFMTV. Le président de Reconquête a affirmé qu’« on ne peut pas être Français avec un prénom musulman », reprenant une position qu’il défend depuis plusieurs années. Cette déclaration intervient alors qu’il vient d’annoncer son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Sur le plan juridique, le prénom d’une personne ne détermine pas sa nationalité française. Le droit actuel ne prévoit pas de liste générale de prénoms autorisés selon l’origine ou la religion. Pour un enfant né en France, les parents choisissent librement le ou les prénoms, sous réserve de l’intérêt de l’enfant et de la protection des droits d’autrui. L’officier d’état civil peut saisir le procureur lorsqu’il estime qu’un choix pose problème, mais il n’existe pas de règle imposant un prénom considéré comme français.
Zemmour défend depuis longtemps un retour à des règles plus restrictives sur les prénoms, en se référant notamment à l’ancienne législation du XIXe siècle. Sa déclaration actuelle doit donc être comprise comme l’expression d’un projet politique et culturel, et non comme la description du droit existant. Pour transformer cette orientation en règle juridique, un futur gouvernement devrait présenter un texte définissant précisément les prénoms concernés et les conditions d’application.
La question soulève également une difficulté de définition : le droit français ne classe pas les prénoms selon une religion officielle. Un même prénom peut être porté par des personnes ayant des croyances, des origines ou des nationalités différentes. Le débat politique porte ainsi sur la conception de l’assimilation défendue par Zemmour, tandis que la règle actuellement applicable reste fondée sur la liberté de choix du prénom, encadrée principalement par l’intérêt de l’enfant.
À consulter : L’Agenda Politique — Demain.







