Boualem Sansal a tenu des propos particulièrement durs à l’égard du président algérien Abdelmadjid Tebboune lors d’un entretien diffusé sur Radio J. Interrogé le 18 septembre dans l’émission Le Grand entretien, l’écrivain a déclaré que « le président algérien, c’est Hitler en pire », avant d’ajouter plusieurs accusations sur la situation politique en Algérie. Cette formule a été rapidement reprise sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias francophones.
L’animatrice Ilana Ferhadian l’a immédiatement confronté à la portée de cette comparaison en rappelant l’extermination de six millions de Juifs par le régime nazi et en lui demandant si Tebboune pouvait réellement être placé sur le même plan. Sansal a alors reconnu que les deux dirigeants ne pouvaient pas être comparés de cette manière. Ce contexte est essentiel, car la séquence ne s’arrête donc pas à la formule initiale devenue virale.
Pendant l’entretien, Sansal a également critiqué les arrestations en Algérie et accusé le pouvoir d’autoritarisme. Ces appréciations sont celles de l’écrivain et ne constituent pas, en elles-mêmes, des faits établis sur les intentions ou la nature du gouvernement algérien. Elles s’inscrivent dans un contentieux personnel et politique particulièrement fort après son emprisonnement en Algérie, expérience qu’il évoque régulièrement depuis sa libération.
La comparaison avec Hitler reste une qualification polémique attribuable uniquement à Boualem Sansal. Pour traiter la séquence de façon complète, il faut donc retenir les deux éléments : l’écrivain a volontairement employé cette formule contre Tebboune, puis il a lui-même admis, lorsque l’animatrice l’a interrogé sur le parallèle historique, qu’une comparaison directe n’était pas défendable. Le débat porte désormais autant sur sa critique du pouvoir algérien que sur le choix de cette référence extrême.







