La campagne présidentielle n’a pas encore officiellement occupé tout l’espace politique, mais son environnement économique modifie déjà les comportements. Une enquête Cofidis montre que 58 % des Français réduisent leurs dépenses non essentielles et que 54 % surveillent davantage les prix.
Restaurants, vêtements, loisirs et déplacements sont parmi les premiers postes arbitrés. Reuters décrit des consommateurs qui partagent désormais certains plats, renoncent à des extras ou reportent des achats par peur d’une nouvelle baisse du pouvoir d’achat.
Les inquiétudes ne viennent pas d’un seul facteur. Inflation, prix de l’énergie, taux élevés, fragilité des finances publiques et incertitude autour du budget 2027 alimentent la prudence. Plus de la moitié des personnes interrogées pensent d’ailleurs que leur pouvoir d’achat va encore se dégrader.
Ce comportement crée lui-même un problème économique. La consommation représente environ la moitié du produit intérieur brut français et alimente une grande partie des recettes de TVA. Si les ménages se replient, la croissance ralentit et l’État récupère moins de recettes au moment même où il cherche à réduire son déficit.
La présidentielle risque donc d’entretenir un cercle d’attentisme. Les candidats promettront de protéger les revenus, mais plus les ménages craignent de futures hausses d’impôts ou une nouvelle flambée des prix, plus ils épargnent et reportent leurs achats. L’incertitude politique devient alors un facteur économique à part entière.
À consulter : L’Agenda Politique — Demain.







