Après le piratage du fisc, le gouvernement français veut renforcer la manière dont l’État détecte ses propres vulnérabilités informatiques. L’une des pistes envisagées consiste à utiliser des modèles d’intelligence artificielle français, notamment ceux de Mistral AI, pour tester la résistance des systèmes publics face aux cyberattaques.
L’objectif serait d’utiliser l’IA comme un outil offensif de cybersécurité. Elle pourrait rechercher des failles, analyser rapidement de grandes quantités de code et simuler certaines méthodes utilisées par les pirates avant qu’elles ne soient exploitées lors d’une véritable attaque. Pour l’administration, l’enjeu est de détecter plus rapidement les points faibles d’infrastructures devenues essentielles au fonctionnement de l’État.
Le choix de fournisseurs français ajoute une dimension stratégique au projet. Confier l’analyse de systèmes sensibles à des technologies souveraines permettrait de limiter la dépendance envers les grands groupes américains et de mieux contrôler le traitement des données publiques. Mistral devient ainsi autant un enjeu industriel qu’un outil potentiel de sécurité nationale.
Cette stratégie ne supprimera évidemment pas le risque de cyberattaque. Les administrations restent confrontées à des logiciels anciens, des systèmes complexes et des milliers d’utilisateurs susceptibles de devenir des points d’entrée. Mais l’utilisation de l’IA pourrait permettre à l’État de passer d’une cybersécurité essentiellement défensive à une recherche permanente de ses propres failles. Le piratage du fisc accélère donc aussi le débat français sur la souveraineté numérique.







