Les divergences deviennent de plus en plus visibles au sommet de l’État iranien. Masoud Pezeshkian défend désormais ouvertement la recherche d’une sortie négociée du conflit avec les États-Unis, tandis que plusieurs responsables militaires continuent de promettre une réponse sévère à toute nouvelle attaque. Cette différence de ton ne signifie pas encore une rupture du pouvoir, mais elle révèle des priorités de plus en plus difficiles à concilier.
Pezeshkian insiste sur le coût économique de la confrontation. Les sanctions, les perturbations commerciales et les tensions autour des exportations énergétiques fragilisent davantage une économie déjà sous pression. Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, reconnaît lui aussi la nécessité de répondre aux difficultés économiques et sociales, même s’il conserve une ligne beaucoup plus ferme sur les questions de sécurité nationale.
Les Gardiens de la révolution et les principaux responsables militaires raisonnent selon une autre logique. Leur priorité reste la dissuasion. Toute ouverture diplomatique doit, selon cette approche, intervenir sans donner l’impression que l’Iran recule sous la pression américaine. Le guide suprême Ali Khamenei conserve cependant l’autorité politique ultime et peut arbitrer entre ces différentes tendances.
L’Iran n’est donc pas encore divisé en deux camps parfaitement opposés. Il ressemble davantage à un système où plusieurs centres de pouvoir défendent des stratégies différentes pour atteindre le même objectif de survie du régime. La véritable question est désormais de savoir quelle priorité l’emportera si la crise se prolonge : préserver l’économie ou maintenir la confrontation.







