À l’approche de 2027, la dette publique française pourrait devenir beaucoup plus qu’un thème économique parmi d’autres. Elle atteignait 3 536,1 milliards d’euros au premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB, après une hausse de 75,6 milliards en seulement trois mois. Le prochain président héritera donc d’une situation dans laquelle presque chaque grande promesse électorale devra être confrontée à la question de son financement.
Le problème vient surtout du coût croissant de cette dette. Les charges d’intérêts devraient atteindre environ 77 milliards d’euros en 2026, réduisant les marges disponibles pour financer la défense, l’hôpital, l’éducation, la transition écologique ou de nouvelles baisses d’impôts. La Banque de France prévoit en outre que la charge d’intérêts continuera de progresser sous l’effet des taux et que, sans économies supplémentaires, la dette ne serait toujours pas stabilisée à l’horizon 2028.
C’est ce qui pourrait faire de l’endettement le sujet transversal de la présidentielle. Retraites, fiscalité, pouvoir d’achat, immigration, défense : chaque programme devra expliquer non seulement ce qu’il souhaite faire, mais aussi comment il compte le payer sans creuser davantage le déficit.
La dette ne deviendra probablement pas automatiquement la première préoccupation quotidienne des électeurs. Mais elle pourrait imposer ses contraintes à tous les autres débats. Le prochain pouvoir ne partira pas d’une page blanche : une partie croissante de ses choix sera déjà dictée par les finances publiques. La Banque de France estime même que le ratio pourrait atteindre 122 % du PIB en 2028 dans son scénario conventionnel.







