La Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont approuvé une refonte de leur cadre commun d’évaluation de la soutenabilité de la dette des pays à faible revenu, la première révision majeure depuis 2017. Le nouvel outil doit mieux refléter la transformation des modes de financement. Il accordera davantage d’attention à la dette intérieure, aux risques climatiques, aux engagements futurs et aux projections de long terme, alors que plusieurs États empruntent désormais auprès d’un éventail plus large de créanciers.
L’évolution intervient dans un contexte de vulnérabilité persistante. Selon les estimations du FMI citées lors de l’annonce, environ 14 % des pays à faible revenu sont déjà en situation de détresse liée à la dette et 33 % présentent un risque élevé. Ces pourcentages décrivent une situation globale et ne signifient pas que tous les pays africains se trouvent dans la même position. Les niveaux d’endettement, les devises d’emprunt, les recettes publiques et les perspectives de croissance varient fortement d’un État à l’autre.
Le cadre révisé doit intégrer plus finement la dette domestique, devenue importante dans plusieurs économies, ainsi que les conséquences budgétaires possibles des catastrophes climatiques. Les institutions veulent aussi améliorer la transparence des données et les scénarios de long terme. L’objectif est de repérer plus tôt les trajectoires fragiles et d’éviter qu’une analyse centrée principalement sur la dette extérieure ne sous-estime certains risques.
La nouvelle méthodologie doit entrer pleinement en application au second semestre 2027. Elle influencera les analyses utilisées par le FMI, la Banque mondiale, les gouvernements et de nombreux créanciers lorsqu’ils évaluent la capacité d’un pays à emprunter. Elle ne remplace toutefois pas les décisions politiques nationales : la soutenabilité dépend aussi de la qualité des investissements financés, de la mobilisation des recettes et des conditions d’emprunt. Pour l’Afrique, l’enjeu sera donc autant la mesure du risque que la manière de financer le développement sans aggraver les vulnérabilités.






