Donald Trump vient de prendre une décision lourde de conséquences pour la sécurité asiatique. Après avoir ordonné une réduction substantielle de la participation américaine aux exercices militaires avec la Corée du Sud, Ulchi Freedom Shield a été ramené de 11 à seulement 5 jours, avec plusieurs entraînements de terrain réduits, annulés ou remplacés par des simulations.
Le geste ressemble d’abord à une ouverture vers Pyongyang. Trump juge ces manœuvres trop coûteuses et inutilement hostiles envers la Corée du Nord, alors qu’il cherche à relancer sa relation personnelle avec Kim Jong-un. Le président américain a d’ailleurs affirmé vouloir rencontrer le dirigeant nord-coréen avant la fin de l’année. Pyongyang reste toutefois méfiant : Kim Yo-jong estime que même réduits, les exercices conservent une nature « provocatrice ».
Mais la décision révèle aussi quelque chose de plus profond dans la politique étrangère de Trump. Il remet régulièrement en question le coût des alliances américaines et demande aux partenaires de prendre davantage en charge leur propre défense. Le fait que ni les responsables sud-coréens ni même certains responsables américains n’aient été prévenus à l’avance renforce l’impression d’une doctrine très personnelle et transactionnelle.
La réduction des exercices est donc à la fois un signal adressé à Kim Jong-un et le symptôme d’une nouvelle manière d’utiliser les alliances américaines. Si cette logique se prolonge, Séoul pourrait devoir renforcer encore davantage son autonomie militaire, tandis que Pyongyang chercherait à obtenir de nouvelles concessions avant de revenir réellement à la table des négociations.
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