Benjamin Netanyahu a déjà commencé à dire non. Le Premier ministre israélien rejette pour l’instant la séquence proposée par Washington pour Gaza : désarmement progressif du Hamas en parallèle d’un retrait israélien, puis reconstruction sous une administration civile palestinienne. Netanyahu exige au contraire que le Hamas soit entièrement désarmé avant tout retrait majeur. Les discussions menées cette semaine avec Jared Kushner n’ont pas permis de résoudre ce désaccord.
Mais résister à Donald Trump comporte aujourd’hui un coût politique élevé. Les États-Unis restent le partenaire stratégique essentiel d’Israël et commencent à engager des moyens concrets derrière leur projet, avec plus de 206 millions de dollars prévus pour soutenir une future force internationale de stabilisation à Gaza. Washington pousse donc désormais au-delà des simples déclarations diplomatiques.
Netanyahu doit en parallèle penser aux élections israéliennes du 27 octobre 2026. Sa coalition est donnée en difficulté dans plusieurs projections et Trump n’a toujours pas officiellement soutenu sa candidature. Dans le même temps, une partie de la droite israélienne, notamment autour d’Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, défend une ligne beaucoup plus dure sur Gaza. Accepter trop rapidement le plan américain pourrait donc fragiliser Netanyahu auprès de son propre camp, tandis qu’une confrontation prolongée avec Trump pourrait lui coûter un soutien extérieur précieux.
Netanyahu peut donc dire non à Trump, mais probablement pas sans limite. Toute sa stratégie consiste désormais à préserver sa liberté militaire à Gaza tout en évitant une rupture ouverte avec Washington. À quelques semaines d’une élection incertaine, l’équilibre devient extrêmement délicat : Gaza n’est plus seulement un dossier de guerre et de diplomatie, mais aussi un enjeu central de sa survie politique.







