William Ruto relance ses accusations contre Uhuru Kenyatta et plusieurs figures fortunées liées à l’ancien pouvoir. Le président kényan affirme que certains responsables disposant d’importantes ressources financières soutiendraient des manifestations et des mouvements antigouvernementaux dans le but de fragiliser son administration et de faire échouer son programme économique. Ces affirmations sont politiquement contestées et ne constituent pas, à elles seules, une preuve d’un financement illégal ou coordonné.
Ruto présente ces mobilisations comme faisant partie d’une stratégie plus large menée par des adversaires qui auraient perdu le pouvoir mais conserveraient suffisamment d’influence économique pour perturber son action. Le chef de l’État cherche ainsi à distinguer la contestation populaire des mouvements qu’il estime encouragés par des intérêts politiques organisés. L’opposition rejette toutefois ce type d’accusations et accuse régulièrement le gouvernement de vouloir délégitimer les critiques plutôt que répondre aux causes sociales et économiques du mécontentement.
La référence à Uhuru Kenyatta donne une dimension supplémentaire à l’affrontement. Ancien allié de Ruto avant leur rupture politique, l’ex-président reste une figure influente de la vie publique kényane. Mais attribuer directement à Kenyatta le financement de mouvements antigouvernementaux nécessiterait des éléments vérifiables allant au-delà des déclarations politiques. En l’absence de conclusions judiciaires ou de preuves publiques établissant ces faits, ces accusations doivent donc rester présentées comme celles du président et non comme une réalité démontrée.
Cette nouvelle offensive confirme surtout la profondeur de la polarisation politique au Kenya. Ruto veut présenter son programme économique comme menacé par des adversaires disposant de puissants réseaux financiers, tandis que ses opposants insistent sur les difficultés économiques et sociales pour expliquer la mobilisation. À mesure que la confrontation s’intensifie, la bataille ne porte donc plus seulement sur les politiques publiques : elle concerne aussi la légitimité même de la contestation et la manière dont chaque camp explique la colère contre le pouvoir.
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