William Ruto ferme la porte à toute tentative de supprimer la limite des deux mandats présidentiels au Kenya. Le chef de l’État a vivement critiqué les projets visant à modifier la Constitution pour remplacer cette règle par une simple limite d’âge, qualifiant ces initiatives de « selfish », autrement dit motivées par des intérêts personnels plutôt que par l’intérêt du pays.
Le débat est particulièrement sensible car la limitation des mandats constitue l’un des principaux garde-fous institutionnels autour de la présidence. La remplacer par un critère d’âge pourrait théoriquement permettre à un dirigeant de se présenter davantage de fois tant qu’il reste sous le seuil fixé. Ruto rejette précisément cette logique, estimant qu’une modification des règles ne devrait pas servir à prolonger la présence d’un individu au pouvoir.
Cette position permet également au président kényan de prendre ses distances avec ceux qui souhaitent rouvrir le débat constitutionnel sur la durée du pouvoir présidentiel. Dans de nombreux pays africains, les modifications des limites de mandats ont provoqué de fortes tensions politiques, car elles touchent directement à l’alternance et à l’équilibre entre stabilité institutionnelle et personnalisation du pouvoir.
Le message de William Ruto est donc politiquement fort : la règle des deux mandats doit rester. Reste à voir si cette prise de position suffira à faire disparaître les initiatives en faveur d’une révision constitutionnelle. Au Kenya, toute tentative de modifier un verrou aussi symbolique devrait en tout cas devenir un enjeu majeur du débat démocratique.
Le Brief du pouvoir
Le Brief du pouvoir : les faits à comprendre et l’agenda du jour.
Recevoir le brief Inscription gratuite. Désabonnement en un clic. Aucun profilage publicitaire de vos opinions politiques. Confidentialité.




