Le projet de création de forces de police au niveau des États nigérians a franchi une nouvelle étape institutionnelle. Le Parlement fédéral a transmis aux 36 assemblées des États un amendement constitutionnel ouvrant la voie à des services de police placés sous l’autorité des États, en complément de la police fédérale. La réforme fait partie d’un ensemble de modifications constitutionnelles examinées dans un contexte de forte pression sur les autorités face aux enlèvements, au banditisme et aux violences armées.
Le texte n’est toutefois pas encore définitivement adopté. Pour entrer dans la Constitution, l’amendement doit recevoir l’approbation d’au moins 24 des 36 assemblées d’État avant de revenir dans le processus de ratification fédéral. Les partisans de la réforme estiment que des forces plus proches du terrain pourraient améliorer la réponse aux menaces locales. Ses détracteurs craignent au contraire que des gouverneurs utilisent ces structures à des fins politiques ou que les disparités de moyens entre États accentuent les inégalités de sécurité.
Pour le président Bola Tinubu, la réforme s’inscrit dans une réponse plus large aux faiblesses du dispositif sécuritaire nigérian. Le débat qui s’ouvre dans les États sera donc déterminant : il ne portera pas seulement sur le principe d’une police régionale, mais aussi sur son financement, son contrôle, son recrutement et les mécanismes destinés à éviter les abus. La prochaine étape dépend désormais des votes des assemblées locales.






