Le dollar américain est utilisé bien au-delà des frontières des États-Unis. Une entreprise africaine peut acheter du pétrole au Moyen-Orient, une société asiatique emprunter à une banque européenne ou une banque centrale constituer ses réserves dans une monnaie qui n’est celle d’aucun des deux partenaires commerciaux. Dans une grande partie de ces opérations, le dollar reste la référence.
Cette position s’explique d’abord par l’histoire économique de l’après-Seconde Guerre mondiale et par la taille de l’économie américaine. Les marchés financiers des États-Unis sont aussi extrêmement profonds et liquides : il est facile d’acheter, de vendre ou de placer d’importantes sommes en titres libellés en dollars. Les obligations du Trésor américain constituent notamment une réserve d’actifs très utilisée par les banques centrales et les investisseurs.
Le dollar bénéficie également d’un effet de réseau. Parce qu’il est déjà très utilisé pour facturer des matières premières, régler des échanges, émettre des dettes et réaliser des opérations de change, les acteurs économiques ont intérêt à continuer à l’utiliser. Une banque qui détient des dollars trouve facilement des contreparties et des marchés où les employer. Cette utilisation massive renforce donc elle-même l’utilité de la monnaie.
D’autres monnaies jouent évidemment un rôle international, notamment l’euro, et plusieurs pays cherchent à augmenter l’utilisation de leurs monnaies nationales dans le commerce. Mais remplacer une monnaie dominante demande davantage qu’une décision politique : il faut des marchés financiers profonds, des actifs sûrs, une monnaie largement convertible et la confiance des investisseurs. Le poids du dollar peut évoluer, mais son rôle actuel repose sur un ensemble d’infrastructures financières et d’habitudes accumulées pendant des décennies.







