La ville de Minna, capitale de l’État de Niger dans le centre du Nigeria, a été placée sous couvre-feu après des manifestations provoquées par la mort de 37 personnes détenues par le Corps nigérian de sécurité et de défense civile. Les victimes avaient été interpellées lors d’opérations visant des sites soupçonnés d’exploitation illégale de l’or. Plusieurs étaient des adolescents, certains âgés de 14 à 18 ans. La colère a gagné les rues le 18 septembre, avec des rassemblements, des heurts et des dégâts visant notamment des installations publiques.
Les circonstances exactes des décès restent à établir. Le corps paramilitaire avait d’abord évoqué la possibilité d’une maladie, tandis que des survivants et des témoignages recueillis sur place ont décrit des cellules très encombrées et mal ventilées. Ces récits ne remplacent pas les conclusions d’une enquête médico-légale. La rapidité avec laquelle les corps ont été enterrés, conformément aux rites musulmans pour plusieurs familles, pourrait aussi compliquer certaines vérifications. Les autorités ont donc appelé à ne pas considérer une hypothèse comme définitivement établie avant la fin des investigations.
Le président Bola Tinubu a ordonné une enquête et plusieurs responsables ont été suspendus, dont le commandant de la NSCDC dans l’État de Niger. Le gouvernement fédéral affirme que ces mesures conservatoires ne préjugent pas des responsabilités individuelles. Les autorités locales ont parallèlement renforcé le dispositif de sécurité à Minna après les violences survenues pendant les protestations. L’enjeu est désormais double : déterminer comment 37 détenus ont pu mourir en garde à vue et établir si les conditions de détention ou des fautes individuelles ont joué un rôle.
Cette affaire intervient alors que le Nigeria tente de lutter contre l’exploitation minière illégale, un secteur qui échappe largement au contrôle de l’État dans plusieurs régions. Abuja soutient que certaines filières clandestines alimentent la criminalité organisée et privent le pays de recettes importantes. Mais la mort de ces détenus place aussi les méthodes d’interpellation et de garde à vue au centre du débat. L’enquête devra donc distinguer la nécessité de faire respecter la loi de l’obligation de protéger les personnes privées de liberté.







