En Ouganda, la question de l’après-Yoweri Museveni devient de plus en plus concrète. Son fils, Muhoozi Kainerugaba, a annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2031. Une déclaration qui relance avec force les interrogations sur une possible succession familiale à la tête d’un pays dirigé par Museveni depuis 1986.
Depuis plusieurs années, l’ascension de Muhoozi alimente ce scénario. Le fils du président a progressivement gravi les échelons de l’appareil militaire jusqu’à prendre la tête des forces armées ougandaises. Parallèlement, ses interventions publiques ont régulièrement dépassé le strict cadre militaire. Ses partisans voient en lui une personnalité capable d’assurer la continuité et la stabilité du pays, tandis que ses détracteurs considèrent sa progression comme le signe d’une préparation méthodique à la succession de son père.
L’annonce d’une candidature en 2031 change néanmoins la nature du débat. Il ne s’agit plus seulement de spéculations autour d’un possible héritier : Muhoozi affiche désormais lui-même une ambition présidentielle. Reste une question essentielle : cette ambition bénéficie-t-elle réellement du soutien de Museveni ? Le président n’a pas officiellement désigné son fils comme successeur et plusieurs équilibres internes au pouvoir pourraient encore peser sur le choix du futur candidat.
Parler dès aujourd’hui d’une succession organisée serait donc prématuré. Mais la concentration entre les mains de Muhoozi d’une position militaire majeure et d’ambitions politiques désormais assumées rend le scénario impossible à ignorer. L’échéance de 2031 pourrait ainsi poser une question fondamentale à l’Ouganda : assistera-t-il à une véritable alternance ou à une transmission du pouvoir au sein de la famille Museveni ?
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