Une gigantesque rançon versée à des jihadistes pourrait avoir contribué à financer l’offensive historique lancée contre l’armée malienne au printemps. Le JNIM, branche sahélienne d’Al-Qaïda, aurait reçu au moins 50 millions de dollars fin 2025 en échange de la libération d’un membre de la famille royale des Émirats arabes unis et de deux de ses associés enlevés près de Bamako. Les Émirats n’ont jamais confirmé publiquement avoir effectué ce paiement.
Quelques mois plus tard, le 25 avril 2026, le JNIM et ses alliés touareg ont lancé l’une des offensives les plus importantes jamais enregistrées au Mali. Plusieurs villes et installations militaires ont été attaquées simultanément, notamment Bamako, Kati, Gao, Sévaré et Kidal. Le ministre malien de la Défense Sadio Camara a été tué lors de l’assaut contre sa résidence à Kati.
Des analystes cités après l’offensive estiment que cette manne financière avait donné au groupe une véritable « caisse de guerre », susceptible de financer armes, véhicules, explosifs, drones, recrutement et logistique. Le JNIM tire également ses revenus de taxes imposées aux populations, d’extorsions, du bétail, de l’or et des enlèvements.
L’affaire montre surtout pourquoi les rançons constituent un enjeu stratégique au Sahel : quelques dizaines de millions de dollars peuvent profondément modifier le rapport de force entre un État et une organisation armée.







