Les incendies qui touchent depuis plusieurs semaines plusieurs régions d’Indonésie continuent d’alimenter une grave crise de pollution atmosphérique en Asie du Sud-Est. Le 18 octobre, les services météorologiques singapouriens signalaient encore des foyers actifs sur les îles de Sumatra et de Kalimantan et la circulation de fumées vers des pays voisins. Cette situation affecte la visibilité, l’activité économique et surtout la santé des habitants exposés aux particules fines. La persistance du brouillard transforme un problème de lutte contre les feux en enjeu diplomatique et sanitaire régional.
La sécheresse associée aux conditions El Niño favorise la propagation des incendies, notamment dans les terres tourbeuses où la combustion peut se poursuivre sous la surface du sol. Certains départs de feu sont liés à des pratiques de défrichement, tandis que leur ampleur dépend fortement des conditions météorologiques. Les épisodes de fumée ont déjà entraîné des perturbations scolaires, des difficultés de transport et une hausse des problèmes respiratoires dans plusieurs pays. Les autorités indonésiennes ont mobilisé des équipes au sol ainsi que des moyens aériens pour tenter de ralentir les flammes.
À Singapour, en Malaisie et ailleurs dans la région, les concentrations de particules ont donné lieu à des recommandations sanitaires et à des restrictions d’activités extérieures. Les gouvernements voisins demandent une meilleure coopération et des mesures contre les responsables éventuels de brûlis illégaux. Les affirmations concernant la responsabilité d’entreprises précises doivent être examinées au cas par cas, avec des enquêtes et des preuves. Jakarta a, de son côté, indiqué être prêt à envisager une assistance étrangère pour accélérer les opérations, après avoir auparavant privilégié ses propres moyens.
La crise montre les limites d’une réponse nationale à une pollution qui se déplace avec les vents. Une amélioration durable dépendra des précipitations, de l’extinction des foyers dans les tourbières et de politiques plus strictes de prévention des incendies. Les relevés officiels de qualité de l’air devront guider les décisions sur les écoles et les activités publiques. Pour les pays de l’ASEAN, l’enjeu sera d’obtenir des mécanismes de coordination efficaces au-delà des déclarations de solidarité.






