Le gouvernement nigérien a mis en cause le Tchad après une frappe de drone dans la zone d’Emi Lulu, près du col de Salvador, à l’extrême nord du Niger. Niamey affirme que l’attaque a été menée samedi et qu’elle a coûté la vie à deux civils, tout en blessant d’autres personnes et en endommageant plusieurs véhicules. Les autorités ont rendu leurs accusations publiques le 27 octobre et engagé une démarche diplomatique auprès de N’Djamena.
Le col de Salvador se situe dans une région désertique, proche des frontières avec l’Algérie et la Libye. Cet espace est traversé par des routes commerciales informelles et connaît d’importants enjeux de sécurité transfrontalière. Le gouvernement nigérien impute l’opération à un appareil venu du Tchad et met également en cause un soutien français. Ces accusations constituent la position officielle de Niamey ; leur matérialité et les responsabilités désignées n’ont pas été établies par une enquête indépendante rendue publique.
Les autorités nigériennes ont qualifié les faits d’atteinte à leur souveraineté, demandé la cessation des opérations qu’elles jugent hostiles et réclamé réparation pour les dommages annoncés. L’ambassadeur tchadien a été convoqué. La démarche donne à cet incident une dimension bilatérale qui dépasse la seule zone de la frappe. Elle intervient alors que les relations régionales sont déjà marquées par des divergences diplomatiques et des enjeux sécuritaires complexes.
L’évolution de cette affaire dépendra des réponses du Tchad, des éléments techniques disponibles sur la frappe et des échanges diplomatiques engagés. Le bilan de deux morts correspond au chiffre avancé par le Niger. La distinction entre ce bilan annoncé, les accusations adressées aux autres États et les conclusions d’une investigation reste déterminante pour comprendre la portée de cette crise.







