Les représentants de l’Alliance des États du Sahel et de la CEDEAO ont repris officiellement le dialogue lors d’une rencontre ministérielle organisée à Dakar samedi 17 octobre. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, regroupés au sein de l’AES, ont accepté de travailler avec l’organisation ouest-africaine à l’élaboration d’un accord-cadre de coopération. L’information, publiée le lendemain par plusieurs médias dont l’AFP et Premium Times, marque une étape diplomatique après de longs mois de rupture. Elle ne signifie toutefois pas que les trois États ont décidé de réintégrer la CEDEAO.
Les pays sahéliens ont quitté officiellement la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest en janvier 2025, après avoir contesté certaines de ses orientations politiques et ses sanctions antérieures. Leur coopération au sein de l’AES s’est renforcée sur les plans diplomatique et sécuritaire. Mais les interdépendances économiques et humaines avec leurs voisins restent fortes : routes commerciales, mobilité des populations, approvisionnements et lutte contre les menaces transfrontalières ne peuvent être traités efficacement par des décisions isolées.
La réunion de Dakar a permis de relancer des échanges entre des interlocuteurs institutionnels identifiés. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Traoré, conduisait la délégation de l’AES, tandis que le Sénégalais Cheikh Niang représentait la CEDEAO. Les discussions portent notamment sur la création de mécanismes pratiques de coopération et sur le traitement des dossiers prioritaires. La perspective de groupes de travail ne vaut pas adoption d’accords définitifs : chaque sujet exigera des négociations supplémentaires, avec des engagements précis des parties.
La reprise du dialogue est un signal important pour les opérateurs économiques et les populations qui traversent régulièrement les frontières. Elle pourrait faciliter la coordination sécuritaire, l’échange d’informations et la circulation commerciale, si des décisions applicables sont prises. L’enjeu sera désormais de transformer une ouverture politique en textes et en dispositifs opérationnels, sans effacer les divergences sur la souveraineté et la gouvernance régionale. Les prochains communiqués devront préciser un calendrier et les responsabilités des équipes de négociation.






