Moins d’un an après le coup d’État du 26 novembre 2025, la Guinée-Bissau s’apprête à modifier en profondeur ses institutions. Le référendum constitutionnel prévu le 30 août doit officiellement préparer le retour à l’ordre constitutionnel et les élections annoncées pour décembre. Mais le fait que cette réforme soit conduite par les autorités militaires soulève une question centrale : s’agit-il d’organiser la transition démocratique ou de consolider le pouvoir issu du putsch ?
Le projet de Constitution prévoit notamment de renforcer considérablement la présidence au détriment du partage du pouvoir qui caractérisait jusqu’ici le système bissau-guinéen. Cette évolution pourrait mettre fin à certaines rivalités récurrentes entre président, Premier ministre et Parlement, souvent sources de blocages institutionnels. Pour ses défenseurs, un exécutif plus clairement organisé apporterait donc davantage de stabilité à un pays marqué par plusieurs décennies de crises politiques et de coups d’État.
Le contexte rend toutefois la réforme particulièrement sensible. Le texte a été élaboré pendant une transition dirigée par les militaires, après l’interruption du processus électoral de novembre 2025. Les autorités ont également procédé à plusieurs réorganisations institutionnelles avant le référendum. Dans ces conditions, les opposants peuvent craindre qu’une Constitution présentée comme une solution à l’instabilité ne permette surtout de concentrer davantage le pouvoir exécutif avant les prochaines élections.
Le véritable test viendra donc après le scrutin. Une transition démocratique ne se mesure pas seulement à l’organisation d’un référendum ou d’élections, mais aussi à l’existence de contre-pouvoirs, à la liberté de la compétition politique et au retour effectif des civils aux commandes. Si le « oui » l’emporte le 30 août, la manière dont la nouvelle Constitution sera appliquée dira si la Guinée-Bissau tourne réellement la page du coup d’État ou institutionnalise une nouvelle configuration du pouvoir.
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