Aung San Suu Kyi a reçu lundi une visite exceptionnelle d’un représentant du Comité international de la Croix-Rouge à Naypyidaw. Il s’agit de son premier contact confirmé avec un responsable étranger depuis son arrestation après le coup d’État militaire de février 2021. Les autorités birmanes ont rendu la rencontre publique en diffusant plusieurs photographies de l’ancienne dirigeante âgée de 81 ans.
Le délégué du CICR, Arnaud de Baecque, a pu s’entretenir en privé avec la lauréate du prix Nobel de la paix. L’organisation humanitaire n’a cependant pas révélé le contenu des échanges, conformément à ses pratiques habituelles, et aucune évaluation médicale indépendante n’aurait été réalisée. Les images la montrent debout et apparemment détendue, mais son état de santé reste difficile à vérifier indépendamment.
Son fils, Kim Aris, a accueilli cette visite avec prudence, estimant qu’elle constituait une étape importante après plusieurs années presque sans nouvelles directes. Il espère désormais que ce contact permettra des échanges familiaux plus réguliers et ouvrira la voie à sa libération. Les Nations unies ont également renouvelé leur demande de libération immédiate de tous les prisonniers politiques.
Aung San Suu Kyi avait été condamnée à 33 ans de prison dans plusieurs procédures dénoncées comme politiques, avant que sa peine ne soit réduite. Récemment transférée en résidence surveillée, elle demeure l’une des principales figures de l’opposition au pouvoir militaire. Cette visite offre un rare signe de vie, sans toutefois constituer une avancée politique suffisante aux yeux de ses soutiens.







