Réélu pour un deuxième mandat, Hakainde Hichilema peut revendiquer une stabilisation de l’économie zambienne après plusieurs années de crise. Mais le président devra désormais transformer les bons indicateurs macroéconomiques en améliorations visibles pour la population. Malgré le recul récent de l’inflation, le coût de la vie et le manque d’emplois, notamment chez les jeunes, restent au cœur des frustrations exprimées pendant la campagne.
Le premier enjeu sera le cuivre, véritable moteur économique du pays. Lusaka ambitionne de fortement augmenter sa production au cours des prochaines années pour profiter de la demande mondiale liée à l’électrification et aux technologies. Mais produire davantage ne suffira pas : le gouvernement devra attirer les investissements, développer la transformation locale du minerai et surtout faire en sorte que cette richesse génère davantage d’emplois et de revenus pour les Zambiens.
La dette restera également sous surveillance. Après le défaut de 2020, la Zambie a restructuré l’essentiel des créances concernées, mais le FMI considère toujours le pays comme exposé à un risque élevé de surendettement. Hichilema devra donc préserver la discipline budgétaire sans donner l’impression que les efforts demandés à la population empêchent toute amélioration de son niveau de vie.
Enfin, Lusaka devra gérer une compétition stratégique grandissante entre la Chine et les États-Unis. Pékin reste profondément implanté dans le secteur minier zambien, tandis que Washington veut renforcer son accès aux minerais critiques africains. Pour Hichilema, le défi sera de profiter de cette rivalité sans devenir dépendant d’un seul partenaire. Son second mandat sera ainsi jugé moins sur la stabilisation économique que sur sa capacité à transformer la reprise en prospérité concrète et partagée.







