Le Sudan Doctors Network affirme disposer d’informations documentant la détention de plus de 6 500 personnes dans plusieurs sites d’El Geneina, capitale du Darfour occidental. Dans sa déclaration du 15 octobre, l’organisation médicale met en cause les Forces de soutien rapide (RSF), qui contrôlent cette partie du Soudan. Elle évoque notamment des militaires et des civils, parmi lesquels des femmes et des mineurs. Ces chiffres, comme les conditions décrites, n’ont pas été vérifiés indépendamment. Ils doivent être présentés comme les conclusions et accusations du réseau de médecins, et non comme un bilan judiciaire établi.
Selon l’organisation, les lieux concernés comprendraient notamment d’anciennes installations militaires et des bâtiments utilisés précédemment par la mission internationale au Darfour. Le réseau fait état de pénuries alimentaires, de difficultés d’accès aux soins et de risques pour la vie des personnes retenues. Il demande que les familles puissent connaître le sort de leurs proches et que des acteurs humanitaires indépendants obtiennent l’accès aux sites. Les RSF n’avaient pas apporté, au moment du reportage, de réponse détaillée aux allégations mentionnées.
Ces affirmations interviennent dans une région profondément marquée par la guerre et par de multiples accusations de violations des droits humains. Les affrontements ont provoqué des déplacements massifs et rendu l’établissement de faits difficiles, en raison des restrictions d’accès et de l’insécurité. Les organisations de défense des droits rappellent que la protection des détenus et l’accès à une assistance médicale constituent des obligations pour les parties au conflit. Mais vérifier les listes, les lieux et les circonstances d’arrestation nécessiterait des enquêtes impartiales.
La priorité réclamée par le réseau de médecins est l’accès humanitaire immédiat, accompagné d’un contrôle extérieur des sites cités. L’identification des personnes et la publication d’informations permettant aux familles de les retrouver représenteraient une première étape. En l’absence d’une vérification indépendante et d’une réponse contradictoire des forces mises en cause, les chiffres annoncés doivent rester soumis à cette réserve essentielle. Leur gravité justifie un examen, pas leur présentation comme une certitude absolue.






