Le chef de l’armée soudanaise et président du Conseil de souveraineté, Abdel Fattah al-Burhan, a ordonné le 12 octobre l’ouverture d’une enquête sur les frappes qui auraient fait des dizaines de morts parmi des mineurs artisanaux dans le nord du Soudan. Selon Sudan Tribune, une commission doit examiner les circonstances des événements, dans un contexte de fortes interrogations sur l’origine de l’attaque. L’objectif annoncé est de recueillir des éléments factuels plutôt que de s’en tenir aux premières accusations.
La commission associe des représentants du parquet, de la justice et des services de sécurité. Elle devra notamment établir la chronologie, rechercher des témoignages et confronter les déclarations publiques aux données matérielles disponibles. L’annonce intervient après qu’une organisation de défense des droits humains a fait état d’au moins 72 morts et mis en cause l’Égypte. Reuters a précisé que cette accusation ne pouvait alors être confirmée de façon indépendante.
Cette démarche officielle intervient dans un pays profondément fragilisé par la guerre, où les structures civiles et judiciaires sont soumises à des contraintes considérables. Les sites aurifères artisanaux, souvent éloignés des grandes villes, présentent des difficultés supplémentaires d’accès et de documentation. Pour les proches des victimes, la mise en place d’une commission ne remplacera pas la nécessité d’identifier les personnes décédées et d’obtenir des réponses sur les circonstances exactes du drame.
La crédibilité de l’enquête dépendra de son accès au terrain, des moyens dont disposeront les enquêteurs et de la publication de conclusions étayées. À ce stade, la décision d’al-Burhan confirme l’ouverture d’une procédure, mais ne préjuge ni du bilan définitif ni de l’identité des responsables. Toute attribution à un État ou à une force armée devra reposer sur des preuves examinables et non sur de simples affirmations.





