Bola Tinubu peut défendre une économie plus stable, des finances publiques assainies et un retour des investisseurs. Pourtant, à quelques mois de la présidentielle, un indicateur menace directement son discours : près de 80 % des Nigérians interrogés estiment que leur pays va dans la mauvaise direction. Dans le baromètre de SBM Intelligence, les difficultés économiques et l’insécurité figurent parmi les principales préoccupations des électeurs.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, Tinubu a engagé des réformes longtemps réclamées par les institutions financières et les investisseurs. La suppression de la subvention sur l’essence, la libéralisation du naira et la réduction de certaines aides ont contribué à améliorer plusieurs équilibres économiques. Mais leur coût social a été brutal : carburant, alimentation, transports et électricité ont fortement pesé sur les budgets des ménages.
C’est tout le paradoxe de la campagne de 2027. L’inflation ralentit, les réserves de change se renforcent et les capitaux reviennent, mais ces améliorations restent difficiles à percevoir pour une population dont le pouvoir d’achat a été profondément fragilisé. Pour gagner, Tinubu devra convaincre que les sacrifices consentis depuis trois ans commencent réellement à produire des résultats dans les foyers.
Le coût de la vie ne suffira toutefois pas nécessairement à provoquer l’alternance. Une opposition divisée entre Peter Obi, Atiku Abubakar et d’autres prétendants pourrait encore favoriser le président sortant. Mais si la présidentielle devient un référendum sur le portefeuille des Nigérians, la reprise économique affichée par Abuja risque de peser moins lourd que le prix payé chaque jour au marché.
L’essentiel : Les réformes de Tinubu ont amélioré plusieurs indicateurs économiques, mais le mécontentement lié au pouvoir d’achat pourrait devenir son principal danger électoral en 2027.




