La rencontre entre Jared Kushner et des responsables du Hamas au Caire dépasse largement le symbole. Il s’agit seulement de la deuxième rencontre connue entre l’émissaire de Donald Trump et des représentants du mouvement palestinien. La précédente, en octobre 2025 avec Steve Witkoff, avait contribué aux négociations ayant débouché sur le cessez-le-feu et la libération des derniers otages.
Cette fois, Kushner a notamment rencontré Khalil al-Hayya, devenu le principal dirigeant du Hamas. L’intérêt diplomatique est évident : Washington dispose désormais d’un canal direct avec une organisation qu’il désigne comme terroriste, alors que les échanges américains passaient traditionnellement par l’Égypte ou le Qatar. Cette communication directe peut limiter les incompréhensions et permettre de tester immédiatement les concessions réellement envisageables.
Le cœur du blocage reste cependant immense. Le plan américain prévoit notamment la démilitarisation du Hamas, le retrait israélien et une nouvelle administration palestinienne à Gaza. Le Hamas se dit prêt à avancer sur son désarmement sous conditions, tandis que Benjamin Netanyahu exige une démilitarisation complète avant certaines étapes du retrait et de la reconstruction.
Le changement majeur n’est donc pas encore un accord, mais la méthode. En parlant directement au Hamas puis à Netanyahu, Kushner tente de réduire la distance entre deux positions qui restent très éloignées. La première expérience de 2025 montre qu’un tel canal peut produire des résultats ; la seconde devra démontrer s’il peut fonctionner lorsque les discussions touchent au problème encore plus difficile de l’avenir politique et sécuritaire de Gaza.







