L’accord de défense signé le 7 août à La Mecque entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan pourrait modifier profondément l’équilibre sécuritaire régional. Le texte prévoit qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous. Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a lui-même comparé techniquement cette clause au principe de défense collective de l’article 5 de l’OTAN.
Les trois partenaires apportent des capacités très différentes et complémentaires. La Turquie possède l’une des principales armées de l’OTAN et une industrie de défense en pleine expansion, le Pakistan dispose de l’arme nucléaire et d’une forte expérience militaire, tandis que l’Arabie saoudite apporte sa puissance financière et son influence dans le Golfe. Le pacte prévoit également davantage d’exercices communs, de coopération technologique et de coordination politique et militaire.
Pour autant, parler déjà d’un « nouvel OTAN » serait excessif. Les mécanismes opérationnels précis restent encore peu détaillés et Ankara insiste sur le fait que l’accord ne remplace pas les alliances existantes et ne vise officiellement aucun pays particulier. La Turquie reste membre de l’OTAN, tandis que Riyad et Islamabad conservent leurs relations militaires avec Washington.
Le potentiel d’élargissement rend néanmoins l’accord beaucoup plus stratégique. Ankara a évoqué la possibilité d’accueillir d’autres États, notamment l’Égypte.
Si le pacte se transforme en véritable structure permanente et accueille de nouveaux membres, il pourrait devenir le noyau d’un bloc militaire régional capable de peser entre Washington, Téhéran et les autres puissances du Moyen-Orient.







