L’accord conclu avec le Liberia, qui prévoit l’accueil de jusqu’à 1 200 personnes expulsées des États-Unis, illustre une stratégie migratoire désormais assumée par Washington : recourir à des pays tiers lorsque certaines personnes ne peuvent pas être renvoyées directement vers leur État d’origine. Il peut s’agir d’un refus de celui-ci de les reprendre ou, dans certains dossiers, de protections juridiques empêchant leur retour en raison des risques qu’elles pourraient y encourir.
L’Afrique n’est pas l’unique destination recherchée par l’administration Trump, mais plusieurs gouvernements du continent ont accepté des arrangements de ce type. Pour Washington, ces accords permettent d’élargir considérablement les possibilités d’expulsion et de montrer que l’absence de solution avec le pays d’origine ne signifie plus nécessairement le maintien aux États-Unis. La politique s’inscrit ainsi dans une volonté plus large de durcir et d’accélérer les éloignements.
Pour les États africains concernés, l’équation est plus délicate. Les accords peuvent s’accompagner d’une coopération américaine sur la gestion migratoire ou d’autres formes de rapprochement diplomatique. Mais leurs conditions restent parfois peu transparentes. Le Liberia affirme, de son côté, que son accord n’est pas le résultat d’un échange de faveurs et présente l’accueil comme une démarche humanitaire.
C’est précisément là que surgit le débat sur la souveraineté. En acceptant des personnes sans lien préalable avec leur territoire, ces pays deviennent une composante de la politique migratoire américaine. Washington externalise une partie de la gestion de ses expulsions ; les gouvernements africains doivent, eux, expliquer jusqu’où leur coopération peut aller sans transformer leur territoire en prolongement des décisions migratoires d’une puissance étrangère.
L’essentiel : Les accords avec des pays africains permettent aux États-Unis d’expulser certaines personnes vers des États tiers, mais ils soulèvent des questions de souveraineté, de transparence et de protection des migrants.







