Trois ans de prison n’ont pas suffi à effacer Imran Khan du paysage politique pakistanais. L’ancien Premier ministre, détenu depuis août 2023, a été transféré ce vendredi dans un hôpital d’Islamabad sur ordre de la Cour suprême. Ses proches et ses avocats alertent depuis plusieurs mois sur son état de santé, notamment une importante perte de vision à l’œil droit. Le gouvernement affirme de son côté que les examens réalisés n’ont révélé aucune urgence médicale.
L’influence de Khan repose d’abord sur une base électorale qui lui reste largement fidèle. Lors des législatives de 2024, les candidats soutenus par son parti Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) avaient remporté le plus grand nombre de sièges malgré l’emprisonnement de leur leader et la perte du symbole électoral du parti. Ses multiples condamnations et les restrictions entourant ses contacts avec sa famille, ses médecins et ses soutiens ont également contribué à renforcer son image de victime du système auprès de ses partisans.
Le bras de fer dépasse toutefois les tribunaux. Khan est en conflit ouvert depuis plusieurs années avec la puissante institution militaire, acteur central de la vie politique pakistanaise. Son entourage donne désormais des signes d’ouverture envers le chef de l’armée, Asim Munir, mais rien ne garantit que l’ancien Premier ministre adopterait lui-même cette stratégie s’il retrouvait la liberté.
Le PTI prépare d’ailleurs une marche nationale le 27 septembre pour réclamer sa libération et l’accélération de ses procédures judiciaires. C’est précisément ce qui rend Khan toujours dangereux pour ses adversaires : même emprisonné, il reste capable de structurer l’opposition et de transformer chaque décision judiciaire sur son sort en événement politique national.
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