À Washington, les nouveaux poids lourds de l’influence politique ne viennent plus seulement de Wall Street, du pétrole ou de l’industrie pharmaceutique. Crypto, intelligence artificielle et paris en ligne injectent désormais des sommes considérables dans les campagnes électorales américaines. Pour les élections de mi-mandat de 2026, ces secteurs ont déjà dépensé ensemble près de 300 millions de dollars.
La crypto a ouvert la voie. Des groupes comme Fairshake financent des candidats démocrates comme républicains dès lors qu’ils soutiennent une réglementation favorable au secteur. L’intelligence artificielle adopte désormais la même stratégie. Plusieurs groupes liés à des dirigeants ou investisseurs d’OpenAI, Anthropic et d’autres entreprises technologiques ont levé des dizaines de millions de dollars pour peser sur les futurs débats concernant la régulation de l’IA.
Les plateformes de paris et de prédiction suivent à leur tour. DraftKings, FanDuel et d’autres acteurs ont engagé plus de 70 millions de dollars dans le cycle électoral, tandis que Polymarket a également commencé à financer directement des structures politiques. L’objectif est rarement idéologique. Ces entreprises cherchent surtout à placer au Congrès des élus favorables à leurs intérêts réglementaires.
Cette nouvelle influence pose une question démocratique majeure. Les super PAC peuvent recevoir des sommes pratiquement illimitées et financer massivement des publicités contre certains candidats sans coordination directe avec leurs campagnes. Le risque est qu’une poignée d’entreprises transforme sa puissance financière en capacité à fixer les priorités du Congrès. À Washington, l’argent n’achète pas directement une loi, mais il peut contribuer à décider qui aura le pouvoir de l’écrire.







