La Colombie se rapproche davantage des États-Unis sur le terrain sécuritaire. Washington a accueilli Bogotá au sein du « Shield of the Americas », une nouvelle architecture de coopération militaire lancée par Donald Trump et présentée comme un outil régional de lutte contre les narcotrafiquants et les organisations criminelles transnationales.
Le dispositif prévoit notamment un renforcement du partage de renseignements, des capacités opérationnelles et de la coopération entre forces armées et services de sécurité. Pour les États-Unis, la Colombie occupe une place centrale dans cette stratégie en raison de son expérience historique de la lutte contre les cartels et de son importance géographique dans les routes du trafic de cocaïne.
Ce rapprochement marque également une nouvelle phase des relations bilatérales. Washington veut accroître son influence sécuritaire en Amérique latine et lie désormais plus directement sa politique antidrogue à une logique militaire régionale. Les autorités américaines ont parallèlement évoqué une importante enveloppe d’assistance sécuritaire destinée au nouveau gouvernement colombien.
Cette stratégie ne devrait toutefois pas échapper aux critiques. En Amérique latine, le rôle des forces armées américaines et la militarisation de la lutte antidrogue restent des sujets extrêmement sensibles. Les défenseurs de la coopération estiment qu’elle peut affaiblir les cartels ; ses opposants rappellent que plusieurs décennies d’approches principalement répressives n’ont pas fait disparaître les flux de drogue. L’entrée de la Colombie dans cette alliance transforme donc une coopération ancienne en engagement stratégique beaucoup plus visible.







