La Chine a rendu un hommage officiel à Zhu Rongji, ancien Premier ministre et l’une des figures centrales de la transformation économique du pays dans les années 1990 et au début des années 2000. Sa cérémonie funéraire s’est tenue mardi à Pékin, en présence de Xi Jinping et des principaux dirigeants chinois, tandis que les drapeaux étaient mis en berne sur plusieurs bâtiments officiels.
Premier ministre de 1998 à 2003, Zhu Rongji avait acquis la réputation d’un dirigeant technocrate, direct et déterminé à moderniser une économie encore largement dominée par des entreprises publiques peu performantes. Il avait contribué à maîtriser l’inflation, réformer le système bancaire et fiscal et restructurer massivement le secteur public. Ces transformations avaient cependant eu un coût social considérable, avec des millions de suppressions d’emplois.
Son héritage reste surtout associé à l’ouverture internationale de la Chine. Zhu fut l’un des principaux artisans des négociations ayant abouti à l’entrée du pays dans l’Organisation mondiale du commerce en 2001, une étape décisive dans l’intégration de Pékin aux chaînes commerciales mondiales et dans son ascension comme puissance exportatrice.
Sa disparition ravive aujourd’hui un débat plus large sur la trajectoire économique chinoise. Pour une partie de la population, Zhu incarne une époque de réformes rapides, d’ouverture et de croissance spectaculaire ; pour d’autres, ses politiques ont aussi accentué certaines inégalités et bouleversé brutalement le monde du travail. Cette mémoire contrastée explique pourquoi ses funérailles ont été entourées d’un dispositif sécuritaire et d’un contrôle étroit des hommages publics.







