L’Afrique représente plus d’un quart des États membres de l’ONU, une population dépassant largement le milliard d’habitants et une grande partie des dossiers de paix et de sécurité examinés par l’organisation. Pourtant, aucun État africain ne possède de siège permanent au Conseil de sécurité.
Cette situation vient avant tout de l’histoire.
Un Conseil construit en 1945
Les cinq sièges permanents ont été attribués aux grandes puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale.
À cette époque, la majorité du continent africain était encore colonisée et ne pouvait donc pas peser directement dans la conception de l’institution.
Depuis, le monde a profondément changé.
Le Conseil beaucoup moins.
Pourquoi la réforme est-elle si difficile ?
Modifier la composition des sièges permanents exige l’accord d’une très large majorité des États membres, mais aussi l’acceptation des puissances déjà titulaires du veto.
Autrement dit, ceux qui profitent le plus du système doivent accepter de partager une partie de leur pouvoir.
C’est précisément ce qui bloque la réforme.
Quel pays africain choisir ?
Le continent demande depuis longtemps deux sièges permanents.
Mais plusieurs États pourraient les revendiquer : Afrique du Sud, Nigeria, Égypte, Éthiopie ou d’autres puissances régionales.
Choisir deux représentants fixes peut également créer des rivalités internes.
Certains défendent donc l’idée de sièges attribués au continent plutôt qu’à deux États particuliers.
Le paradoxe africain
Le Conseil de sécurité examine régulièrement des crises au Soudan, en RDC, au Sahel, en Somalie ou ailleurs sur le continent.
Les États africains participent à ces débats comme membres temporaires, mais ne disposent pas du même pouvoir institutionnel que les cinq permanents.
L’Afrique peut donc être au centre de l’agenda du Conseil sans être au centre de sa décision.
La campagne de Mahama
Le président ghanéen veut utiliser le poids du Mouvement des non-alignés pour transformer cette frustration en coalition diplomatique.
Une réforme reste extrêmement difficile.
Mais plus le décalage entre la composition du Conseil et la réalité démographique mondiale devient visible, plus sa légitimité sera contestée.
Le problème n’est donc plus de savoir si le système de 1945 paraît dépassé. Il est de savoir quand les puissances qui en bénéficient accepteront réellement de le modifier.
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