Hakainde Hichilema avait lui-même connu l’opposition, les arrestations et la pression d’un pouvoir qu’il accusait de dérive autoritaire. C’est précisément ce passé qui rend la crise actuelle si sensible. Réélu à la présidence, il voit désormais son principal adversaire Brian Mundubile visé par une accusation de trahison, après un scrutin déjà contesté par l’opposition.
Le problème pour Hichilema est autant politique que judiciaire. Il peut affirmer que la justice doit traiter librement les faits reprochés à Mundubile. Mais lorsqu’un principal rival électoral risque une procédure extrêmement grave quelques jours après une élection contestée, la perception d’une instrumentalisation devient presque inévitable, même si elle ne prouve pas que les accusations soient infondées.
La crédibilité du gouvernement dépendra donc des garanties entourant la procédure : accès aux avocats, transparence des charges, indépendance des juges et possibilité pour l’opposition d’exercer ses droits sans intimidation. La question est d’autant plus importante que les difficultés rencontrées pour contester les résultats ont déjà alimenté le sentiment d’un espace politique plus fermé.
Hichilema risque ainsi de subir le paradoxe classique des anciens opposants devenus présidents. Les méthodes qu’ils dénonçaient avant leur arrivée au pouvoir sont examinées avec encore plus de sévérité lorsqu’elles apparaissent sous leur propre administration.
Cela ne signifie pas que la Zambie soit déjà devenue autoritaire. Mais son image de démocratie relativement stable dans la région peut être rapidement endommagée si la compétition électorale semble se prolonger par des poursuites contre les perdants. Le véritable enjeu du second mandat de Hichilema sera donc de démontrer qu’une victoire politique ne donne pas au pouvoir le droit de réduire l’espace de ses adversaires.
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