Donald Trump veut rouvrir la voie du dialogue avec Kim Jong-un, mais sa stratégie commence à inquiéter les partenaires asiatiques des États-Unis. De Séoul à Tokyo, la question devient de plus en plus sensible : jusqu’où Washington est-il prêt à modifier sa politique de sécurité pour obtenir un accord avec Pyongyang ?
La réduction décidée par Trump des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud a envoyé un premier signal fort. Le président américain estime que ces manœuvres coûtent cher et compliquent la reprise du dialogue avec la Corée du Nord. Mais à Séoul, leur diminution alimente les interrogations sur la solidité de la garantie sécuritaire américaine.
Le Japon observe également cette évolution avec prudence. Tokyo dépend fortement de la présence militaire américaine face aux programmes nucléaire et balistique nord-coréens, mais aussi à la montée en puissance de la Chine. Toute concession accordée à Kim Jong-un sans coordination étroite avec les alliés pourrait donc être perçue comme un affaiblissement de la dissuasion régionale.
Le malaise dépasse même les alliés traditionnels. Taïwan et l’Inde surveillent attentivement une diplomatie américaine devenue plus transactionnelle. Le problème n’est pas nécessairement le dialogue avec Pyongyang, mais le risque que les engagements sécuritaires deviennent des monnaies d’échange. Si Trump obtient un accord avec Kim Jong-un au prix d’une confiance affaiblie envers Washington, le coût géopolitique pourrait largement dépasser la péninsule coréenne.
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