Dans le bras de fer entre Donald Trump et l’Iran, le nucléaire n’est plus le seul dossier décisif. Le détroit d’Ormuz est devenu l’un des principaux leviers de Téhéran. Avant le conflit, environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié empruntait ce passage stratégique. Depuis, le trafic s’est effondré et les incertitudes autour de sa réouverture pèsent directement sur les prix de l’énergie.
L’Iran a compris la puissance de cette position géographique. Téhéran conditionne notamment une réouverture complète à des concessions américaines concernant les sanctions, les menaces militaires et d’autres garanties. Washington refuse cependant que l’Iran obtienne un droit de contrôle durable sur la navigation internationale. Un projet discuté avec Oman prévoyait même de nouvelles modalités de circulation dans le détroit, révélant à quel point Ormuz est désormais intégré aux négociations politiques.
La pression est également militaire. Après l’expiration du délai de 60 jours prévu par le mémorandum signé en juin entre Washington et Téhéran, un responsable iranien a averti que son pays pourrait intensifier ses actions dans le détroit si la diplomatie échouait. Trump, de son côté, menace d’accroître encore la pression économique sur l’Iran.
C’est précisément ce qui donne à Ormuz une valeur exceptionnelle : chaque menace sur le détroit touche simultanément Washington, les monarchies du Golfe, l’Asie importatrice d’énergie et les marchés mondiaux. Téhéran ne possède peut-être pas l’avantage économique face aux États-Unis, mais il dispose d’un levier capable d’internationaliser immédiatement le coût du conflit. Ormuz est ainsi devenu bien plus qu’une voie maritime : c’est désormais une pièce centrale du marchandage entre Trump et l’Iran.






