Abdel Fattah al-Burhan s’est rendu à Asmara pour rencontrer le président érythréen Isaias Afwerki, pour la deuxième fois en moins de deux mois. Les deux dirigeants avaient déjà tenu des discussions le 17 juillet et affirment vouloir renforcer la coopération politique et sécuritaire entre leurs pays.
Le rapprochement s’explique d’abord par la géographie. L’Érythrée partage plus de 600 kilomètres de frontière avec les États soudanais de Kassala et de la mer Rouge, territoires essentiels pour les routes commerciales, les mouvements de populations et la sécurité de Port-Soudan.
Depuis le début de la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide, Asmara entretient des relations plus étroites avec le camp de Burhan. Aucune alliance militaire formelle nouvelle n’a été annoncée, mais la multiplication des rencontres montre une coordination devenue beaucoup plus régulière.
Cette relation prend une dimension régionale alors que les soutiens étrangers jouent un rôle croissant dans la guerre soudanaise. Une mission de l’ONU estime que des armes, spécialistes et opérateurs de drones venus de l’extérieur contribuent à prolonger le conflit et pourraient être associés à de graves violations.
Pour Burhan, l’Érythrée peut offrir une profondeur diplomatique, des échanges sécuritaires et un voisin relativement favorable. Pour Afwerki, soutenir le chef de l’armée soudanaise permet de peser davantage sur l’avenir de la mer Rouge et sur les équilibres de la Corne de l’Afrique.
La deuxième rencontre en moins de deux mois ne constitue donc pas une simple visite protocolaire. Elle montre que la guerre soudanaise se joue désormais autant dans les capitales voisines que sur les champs de bataille du pays.
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