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Soudan : guerre civile, famine et échec des médiations

Depuis avril 2023, le Soudan est ravagé par la guerre entre l’armée régulière (SAF) du général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) de Mohamed “Hemetti” Dagalo. Ce qui devait être une lutte de pouvoir à Khartoum s’est transformé en conflit généralisé : d’après l’ONU et plusieurs ONG, plus de 150 000 personnes auraient été tuées et plus de 14 millions forcées de fuir leur foyer, à l’intérieur du pays ou vers les pays voisins. Le territoire est aujourd’hui de fait coupé en deux grandes zones d’influence, l’armée contrôlant surtout l’Est et le Nord, les RSF tenant une grande partie du Darfour et du centre du pays.

La situation humanitaire est catastrophique. Selon la classification IPC soutenue par l’ONU, plus de 21 millions de personnes (près de la moitié de la population) font face à une insécurité alimentaire aiguë, et des conditions de famine ont été officiellement confirmées à El-Fasher (Nord-Darfour) et Kadugli (Sud-Kordofan) après des mois de siège et de blocage de l’aide. Dans ces zones, les habitants ont été contraints de manger des restes de nourriture pour animaux ou des peaux, et les hôpitaux décrivent une explosion des cas de malnutrition sévère chez les enfants. Les RSF et des milices alliées sont accusées d’atrocités massives, notamment de campagnes d’épuration ethnique contre la population massalit au Darfour occidental et, plus récemment, de massacres et de fosses communes autour d’El-Fasher. Les États-Unis ont d’ailleurs officiellement qualifié certains de ces crimes de génocide et de crimes contre l’humanité.

Sur le plan diplomatique, les tentatives de médiation se succèdent sans résultat durable. Les pourparlers de Jeddah, puis ceux de Genève, pilotés par les États-Unis, l’Arabie saoudite et plusieurs acteurs régionaux, n’ont abouti qu’à des trêves très brèves et jamais respectées. Début novembre 2025, les RSF ont annoncé accepter une proposition de cessez-le-feu humanitaire portée par Washington, Riyad, Le Caire et Abou Dhabi, et se disent prêtes à discuter d’un arrêt des hostilités. Mais l’armée n’a pas, pour l’instant, donné de signal clair allant dans le même sens, et l’ONU comme les ONG préviennent que, tant que les combats se poursuivent et que l’accès humanitaire reste bloqué, la famine et les violations massives des droits humains vont continuer de s’aggraver.