Après des années passées à demander aux plateformes de mieux protéger les adolescents, plusieurs gouvernements changent désormais de stratégie : empêcher directement les plus jeunes de posséder un compte. L’Australie, la France et la Nouvelle-Zélande illustrent cette nouvelle bataille politique, même si leurs situations juridiques sont très différentes.
L’Australie est allée le plus loin. Depuis décembre 2025, de grandes plateformes doivent prendre des mesures raisonnables pour empêcher les moins de 16 ans de détenir un compte. La responsabilité repose principalement sur les entreprises, et non sur les adolescents ou leurs parents.
La Nouvelle-Zélande envisage désormais une interdiction comparable avant 16 ans. Le soutien du Parti travailliste à l’examen du projet augmente fortement ses chances d’avancer au Parlement.
La France montre toutefois les limites juridiques de cette tendance. Une interdiction avant 15 ans avait été adoptée par le Parlement, mais le Conseil constitutionnel l’a censurée en août 2026, notamment au regard de la liberté d’expression, de la vie privée et des garanties entourant la vérification de l’âge. Le gouvernement souhaite désormais revoir le dispositif.
Le débat mondial se déplace donc. Il ne porte plus seulement sur les contenus dangereux, mais sur une question plus radicale : un enfant doit-il pouvoir accéder librement aux réseaux sociaux ?
Reste un problème majeur : vérifier l’âge sans imposer une surveillance excessive de tous les utilisateurs. La future bataille opposera donc trois exigences difficiles à concilier : protection de l’enfance, libertés numériques et responsabilité des plateformes.
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